
La chenille légionnaire d'automne ne prévient pas. Elle s'installe en quelques nuits et un producteur qui découvre les dégâts au matin a déjà perdu plusieurs jours d'avance sur elle. Tout l'enjeu du projet DiGiCLA, mené avec le LRIDA de l'Université de Parakou, tenait en un mot : alerter plus tôt.
Le dispositif reposait sur un kiosque numérique installé au cœur du village. On y consultait les alertes, on y signalait une attaque, on y trouvait les gestes à faire dans les heures qui suivent. Notre rôle a été de rendre tout cela lisible : signalétique, fiches illustrées, vidéos courtes en langue locale.
Ce qui a le mieux marché n'était pas le plus sophistiqué. Les fiches imagées, affichées à côté du kiosque, ont été photographiées et repartagées de téléphone en téléphone bien au-delà du village.
Ce qui a résisté, en revanche, mérite d'être dit : la confiance dans une alerte ne se décrète pas. Elle est venue quand un producteur du village a lui-même signalé une attaque et que le traitement recommandé a fonctionné.
Nous en tirons une règle pour nos prochaines missions de communication agricole : un outil numérique n'est adopté que lorsqu'une personne du village peut l'expliquer à sa voisine, sans nous.
Mots-clés
- DiGiCLA
- LRIDA
- protection des cultures




